dimanche 26 septembre 2010

Coiffures...

Les africaines nous envient, nous les européennes, ou plutôt elles envient nos cheveux lisses, faciles à démêler...Il est certain que l'on préfère toujours ce qu'il y a dans le champ du voisin, car j'avais plutôt tendance à envier leurs coiffures si typiques et si jolies....jusqu'à ce que je me rende compte de ce que cela leur coûtait en termes de difficultés au démêlage...Leurs cheveux sont si crêpus, que parfois elles les rasent ...pour porter une perruque aux cheveux lisses, à la mode européenne...

Estelle, côté pile et côté face...une journée entière avec des pauses, pour réaliser sa coiffure...

A l'école, c'était un festival...les petites filles rivalisaient de coiffures plus belles les unes que les autres, avec toutes sortes de perles...mais en y regardant de plus près, les cheveux étaient tirés au maximum, pour que cela tienne longtemps. Aïe, aïe, aïe!!!


En vain, Estelle essaiera de me coiffer à l'africaine, mais à son grand désespoir, les tresses ne tenaient pas sur mes baguettes de tambour occidentales....




mercredi 22 septembre 2010

Un peu de vocabulaire...

Le Burkina Faso est une ancienne colonie française (ex Haute Volta, indépendance le 11 juillet 1960), et le pays étant peuplé de nombreuses ethnies parlant des dialectes différents, la langue officielle reste le français...(ce qui n'est pas simple pour un petit bonhomme de 6 ans qui rentre en CP lorsque dans sa famille, on ne parle que le dialecte...)
Mais les Burkinabais se sont approprié notre langue par de nombreuses expressions imagées, très parlantes et poétiques!
Petit lexique Burkinabais :
- Bonne Arrivée : bienvenue
- une Au-Revoir la France : une vieille voiture  qui a été amenée d'Europe
- un char, une mobylette : un cyclomoteur deux roues...on peut être à plusieurs dessus, parfois toute la famille...sans casque bien sûr..


- une bâchée : une camionnette utilitaire ouvert à l'arrière...généralement sans bâche...
- remorquer quelqu'un : le transporter sur son porte bagage
- le goudron : la rue bitumée, les autres rues étant en latérite
- un 6 mètres : un grand boulevard bitumé avec 2 sens de circulation
- un collage : réparer une crevaison en mettant une rustine
- une bière bien tapée : une bière bien fraîche


- un poulet bicyclette : un poulet qui a couru en brousse, assez reconnaissable car il est plutôt maigre et a de grandes pattes
- un poulet télévisé : le même poulet cuit à la broche (dans la vitrine, avec la broche qui tourne)
- un tablier : un petit étal de rue
- torcher : éclairer avec une torche
- avoir l'oeuf colonial : avoir un ventre rebondi, comme celui des colons
- je demande la route : je vous demande la permission de partir, je vais bientôt m'en aller
- avoir un deuxième bureau : pour un homme, avoir une maîtresse
- avoir un troisième bureau : ...une deuxième maîtresse etc...
- un maltype : une mauvaise personne
...je n'ai pas pu les retenir toutes, mais toutes je les trouve très parlantes...

Quelques mots de Dioula, le dialecte parlé à Bobo Dioulasso (transcription phonétique à ma façon!!!) :
- i dansé : bonne arrivée, bienvenue
- dokana : venez, entrez
- i ka kené oua ?  : comment ça va?
- i bé di? : comment ça va?
- m'ka kené : ça va bien
- somorrodo : ça va , merci
ani tié : merci
- dori, dori : un peu, un peu
- ani sogoma : bonjour (le matin)
- an etlé : bon après-midi (de midi à 16h)
- an ioula : bonne soirée (de 16h à 19h)
- an issou : bonsoir
- alla kansi : bonne nuit
- alla kan Diou i man kwé : que Dieu vous donne la santé
- djé : l'homme
- mousso : la femme
- mama mousso : grand-mère
- mama djé : grand-père

Biton, le moniteur de l'atelier couture, nous accueillait tous les matins en nous parlant Dioula...il fut ravi de voir que je prenais des notes et que j'essayai de parler avec lui...Malheureusement, rentrée en France, j'ai perdu mes notes...et beaucoup oublié...

jeudi 16 septembre 2010

Banfora et les cascades de Kerfiguela

Lors d'un week-end, nous louons un 4x4 (après bien des recherches et négociations...) pour partir jusque Banfora. La piste en latérite est ocre rouge et les villages défilent le long de la route.
La falaise de Banfora est assez semblable en plus petite aux falaises Dogon du Mali, du moins par la formation géologique.

La piste secoue et nous progressons lentement...nids de poule, mobylettes et taxis brousse chargés jusqu'à la gueule nous croisent...Le paysage défile et c'est superbe!


une termitière géante...
















Dans un champ de canne à sucre

Nous faisons halte au marché de Banfora...explosion de bruits, de couleurs et d'odeurs (entre autre celle des poissons séchés...)

Marché de Banfora


Les poissons séchés au soleil,
que je n'ai pas goûtés...












Après une halte gastronomique dans un maquis (sandwiches pain et sardines en boîte et banane, le tout arrosé de Sobebra, la bière locale), nous reprenons la route.


La route pour les cascades est payante et le parking gardé, l'est aussi...mais le prix est dérisoire!
En arrivant nous découvrons que les champs autour du chemin qui mène aux cascades sont en feu...Un feu de brousse mal éteint?...toujours est-il que c'est impressionnant et désolant...les plantations de bananiers et de papayers sont calcinées...





























Nous commençons à grimper le chemin des cascades derrière un couple et leur guide .La femme est enceinte et le mari porte un poulet. Nous supposons qu'ils vont faire une offrande aux crocodiles sacrés, plus haut que les cascades.


Le chemin grimpe et il fait très chaud...Enfin nous sommes en haut et c'est la récompense, les pieds dans l'eau!!!




























Nous avons failli rester sur le parking!!!la voiture ne voulant plus redémarrer...Finalement, après quelques essais infructueux, et grâce à notre "Mac Guyver" alias JP, elle repart. OUF!!!
Au retour du week-end, mauvaise surprise...Le prix négocié avant le départ, devait être de 35 000 francs CFA pour le WE...mais il paraît que nous avions mal compris, c'était le prix d'une journée...ce qui nous revient à 70 000 francs CFA pour le WE...
Notre loueur est un "mal type" comme on dit là-bas!!! Pas de panique, cela reste correct pour nous européens, mais c'est le principe...

samedi 31 juillet 2010

Musique!...

Tous les derniers vendredis du mois, au Dispensaire Trottoir, c'est musique et danse pour toutes les classes.
A cette occasion, c'est un véritable orchestre qui vient donner l'aubade et faire danser tout le monde, petits et grands....un orchestre avec les instruments africains bien sûr...

Les Balafons, sorte de grand xylophone...en-dessous, les petites calebasses servent de caisses de résonnance pour chaque lame

Tambours et djembés rythment la cadence.
Il faut voir le sens du rythme des bouts de chou des classes maternelles...c'est la fête toute la matinée et les adultes ne sont pas en reste!

Djénéba, la maîtresse des grands danse, sa petite fille accrochée dans le dos, à l'africaine.
Et les enfants ne sont pas les derniers!...

Quel sens du rythme et quelle grâce chez ces tout petits...à côté nous avons l'air coincés dans nos costumes de blancs tous raides et pas du tout dans le rythme!...
Vidéo : Musique et danse au DT


mardi 15 juin 2010

La mosquée de Dioulasso-Bâ

Elle délimite le quartier musulman au coeur du vieux Bobo...Très ancienne, sa construction date de la fin du 19ème siècle (1894).
Son architecture est assez originale : d'origine Soudanaise, entièrement en Banco (briques d'argile séchées),ses minarets sont hérissés de pieux en bois.
En fait, ces pieux ne sont pas scellés, ils peuvent se retirer et se changer, et ils sont très utiles pour les ouvriers qui font les réparations sur le pisé (crépi) qui recouvre les briques et qui est très fragile du fait de la sécheresse et des pluies.
Cette mosquée a été construite sur un lieu de culte animiste, c'est pourquoi lorsque les masquent sortent dans le vieux Bobo, ils se rassemblent devant la mosquée.
J'ai pu la visiter, avec un guide et en me déchaussant.

Vues de l'intérieur de la mosquée

Mais le plus impressionnant, c'est lorsque l'on débouche sur la terrasse. De là-haut, on a une vue magnifique sur le quartier du vieux Bobo et sur la ville elle-même.

On peut grimper à l'intérieur des minarets où il y a des cellules de prière, très simples et au confort sommaire : une natte, un tabouret...et c'est tout!

Sur le toit, les petites cloches d'argile servent à boucher les aérations en cas de pluie.








Imaginez un peu l'agilité des ouvriers...
Soleil couchant sur "les meringues" de la terrasse

Emmanuel, le fils de Bibata et André, nos voisins à Bobo, m'accompagnait : une façon pour lui de découvrir son pays...il en était ravi

vendredi 11 juin 2010

Le quartier du vieux Bobo...



ou quartier de Sya...est le plus ancien quartier de la ville.

"La légende raconte que l'Ancêtre Bobo était venu du lointain ouest, accompagné de sa femme. Lorsqu'ils arrivèrent dans cette région où se trouvait beaucoup de gros gibiers, ils s'arrétèrent. La nuit qui suivit, les génies des lieux annoncèrent à la femme qu'elle devait retenir son mari, car c'est ici qu'elle engendrerait un grand peuple. L'Ancêtre Bobo accepta de rester sur cette terre et y planta son épée qu'il nomma Timina.
Vers le 15ème siècle, Sya, fille du dernier patriarche, était connue pour sa gentillesse. Nombreux étaient les visiteurs qui disaient :"Je vais chez Sya", si bien que le village finit par prendre son nom....Au 17ème siècle, le village de Sya était alors divisé en quatre parties : le quartier animiste habité par les agriculteurs, le quartier musulman, habité par les Bobo-Dioula guerriers occupés à défendre la ville, le quartiers des griots, et le quartier des forgerons.
Dès 1886, les Français occupèrent le village de Sya, qu'ils renommèrent Bobo-Dioulasso (en Dioula, maison des Bobo et des Dioula)...Aujourd'hui, Sya est le plus ancien quartier de la ville...Le vieux quartier est toujours visible...délimité d'un côté par la rivière Sanyon et de l'autre par le Houet."
Extraits du guide "Burkina Faso, Au pays des hommes intègres" aux Editions Olizane

La maison de Sya
Comme à Koro, ce quartier se visite avec un guide...nous partons donc avec un colosse à travers les rues ...qu'il veut bien nous montrer. Le parcours est classique et dans chaque quartier il nous emmène dans la boutique de l'Association  des artisans qui gère le quartier...c'est de bonne guerre et il faut bien vivre. Ils ont le mérite d'encadrer et de faire vivre une population très pauvre. Ils se nomment eux-mêmes "l'Association des mangeurs d'arachides", l'idée leur en étant venue en grignotant des cacahuètes...

Comme dans chaque village, le fétiche où sont faits les sacrifices rituels 
 En parcourant les rues des différents quartiers, nous discutons avec notre guide. Nous l'interrogeons sur le fait que les forgerons ne peuvent se marier avec les agriculteurs ou les musulmans...il nous confirmera que ce système de caste perdure encore aujourd'hui et que sans l'accord des vieux du village, cela ne pourra se faire...tout "occidentalisé" qu'il soit avec son tee-shirt de foot et sa casquette.

 Dans le quartier des forgerons, un ancien soufflet de forge que l'on actionne avec les pieds

A la doloterie, le sorgho  (mil rouge) fermente et l'on prépare la bière de mil, le Dolo 


Le Houet, rivière où nagent les poissons sacrés, les silures
 
 La rivière est un des lieux de rassemblement du vieux quartier : les animaux y boivent, les femmes y font la vaisselle et la lessive, et sont au puits pour prendre de l'eau, les enfants y jouent...et l'on nourrit les silures : s'ils mangent votre offrande (entrailles de poulet le plus souvent), tout va bien,
 sinon...mauvais signe!...

Les briques de Banco (argile) sèchent pour la fabrication des maisons